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Données & vie privée : l'OMNSH au festival Persona Non Data (Gaité Lyrique)

publié le 6 Novembre 2018 par Anonymous

Du 30 novembre au 2 décembre, la Gaîté Lyrique organise le festival Persona Non Data, un week-end d'explorations créatives et critiques autour des données personnelles avec des ateliers pratiques, des rencontres, des performances et une exposition de ressources.

Aujourd’hui, nos vies en ligne se structurent majoritairement autour des services proposés par quelques plateformes. L'économie numérique est dominée par une poignée de multinationales qui vivent de la collecte et de l’exploitation des données personnelles (Google, Apple, Facebook, Amazon). Face à cette hégémonie, problématique d’un point de vue culturel, politique, économique et technologique, il existe des alternatives qui émergent au sein de communautés et sont portées par des imaginaires politiques et sensibles d'émancipation.

Persona Non Data s'intéresse à ces initiatives de réappropriation de nos moyens de production, d’expression et d’action que sont les technologies : artistes, chercheurs et activistes viennent partager leurs initiatives en faveur des serveurs autonomes, des réseaux de communication alternatifs et de la souveraineté technologique qui, dans le sillon de la souveraineté alimentaire, met en avant des solutions domestiques et ouvertes pour reprendre le contrôle et relocaliser nos données.


A cette occasion, deux membres de l'OMNSH participent à ces rencontres.

Le Samedi 1er décembre à 14h, Marion Coville proposera, avec Anne Laforet (chercheuse et enseignante à la Haute école des Arts du Rhin à Strasbourg, membre du hackerspace Le Reset), l'atelier d'écriture FemTech, sur le corps et les technologies.

Ce workshop portera plus particulièrement sur les « FemTech » : de plus en plus d'entreprises se sont lancées dans le marché des technologies et objets connectés pour la santé des femmes. Ces technologies entendent accompagner les règles, la grossesse, la sexualité ou encore la contraception. Mêlant discours scientifiques et idéaux d'émancipation des femmes, ces objets sont traversés par de nombreux enjeux : sécurité, utilisation des données produites par les usager-es, ciblage publicitaire, discours normatif sur le corps ou les sexualités… L'atelier d'écriture spéculative propose de découvrir ces objets et leurs enjeux, de les modifier et d'inventer de nouvelles technologies pour construire un imaginaire technique éthique, féministe et inclusif.

Le Dimanche 2 décembre à 16h30, François Huguet participera à la table ronde l'Amicale des Télécoms, aux côtés de Raphaël Bastide, Léa Le Bicomte, Lionel Broyer et Nicolas Horber

Les espoirs que portait la radio naissante dans les années 20 et 30 ne sont pas sans rappeler ceux des débuts d'Internet, dans les années 90 : la possibilité de communautés par-delà les distances, la participation démocratique et la libre circulation de la parole. À l'heure de la surveillance de masse et de la marchandisation du web, le concept d'un Internet libre et ouvert est aujourd'hui sérieusement mis à mal tant par les intérêts commerciaux des grandes plateformes (GAFAM) que par les régulations croissantes des gouvernements. En réaction à la dépossession de l’utilisateur et à sa perte de contrôle sur ses données, les initiatives fleurissent, réactivant l’idée originelle d’un « réseau de pairs égaux ». C'est le cas par exemple des réseaux MESH, ou réseaux communautaires sans fil, qui connectent directement les utilisateurs les uns aux autres sans passer par un tiers, déployés à Détroit par des communautés marginalisées, ou par des militants en Egypte et en Syrie, en réponse aux coupures d'Internet par les autorités.

Cette table ronde rassemble des chercheurs et des artistes qui s'intéressent à des réseaux alternatifs. Elle invite aussi à imaginer un avenir à nos infrastructures obsolètes (Pigeons, Minitel) ou en passe de le devenir (la fin des lignes de téléphonie fixe ou la fin de la radio FM) sous les coups de boutoir du tout-numérique.

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